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lundi, mai 25News That Matters

Ethique : Intelligence Artificielle (IA)

Un ado de 15 ans avec ChatGPT va bientôt produire plus de valeur économique qu’un cadre de 50 ans avec 25 ans de métier. Et personne ne mesure vraiment ce qui se joue en ce moment. Pendant des décennies l’expérience a tenu lieu de forteresse, parce que 25 ans dans un métier ça représente des centaines de cas vus, d’erreurs digérées et de cicatrices accumulées qu’aucun bouquin de management ne pouvait remplacer, et c’est précisément cette épaisseur-là qui justifiait les salaires de cadre senior dans toutes les boîtes. Sauf que. L’IA vient de raser le mur d’enceinte. Un gamin motivé qui sait poser une vraie question à un agent IA peut sortir en deux heures ce qu’un cadre senior produisait en deux semaines. Stratégie marketing, analyse financière, note de synthèse, recherche concurrentielle, code qui tourne. Ce qui demandait des années d’accumulation se génère désormais en quelques bonnes consignes. Soyons honnêtes. L’IA ne rend pas un ado plus brillant qu’un cadre brillant. Elle rend un ado curieux plus productif qu’un adulte passif, et c’est très différent. Beaucoup d’adultes confondent encore expérience et valeur actuelle, ils pensent que leurs 25 ans dans le métier les protègent. Parfois oui, à condition de savoir les brancher aux nouveaux outils. Sinon l’expérience devient une archive, un vieux disque dur plein d’infos utiles mais jamais connecté au bon système. Pendant ce temps les gamins testent. Ils ne lisent pas des rapports de 80 pages sur l’impact de l’IA, ils ouvrent l’outil et ils tâtonnent jusqu’à ce que ça marche. C’est probablement comme ça qu’on apprend en vrai. Le problème c’est que l’école n’a pas été pensée pour ce monde-là, elle a été construite pour une époque où la connaissance était rare et difficile d’accès, où retenir des choses par cœur avait du sens parce qu’on ne pouvait pas les retrouver autrement, alors qu’aujourd’hui n’importe qui les obtient en 0,3 seconde. On évalue la capacité à rédiger sans IA pendant que toutes les boîtes imposent l’IA à leurs salariés. On punit en classe ce qui est exigé en entreprise. On forme des élèves à un monde qui n’existe plus. Pendant ce temps des gamins se forment seuls le soir dans leur chambre. Ils lancent des projets, vendent des prestations en ligne et empochent leurs premiers milliers d’euros avant même le bac, sans diplôme ni réseau. Ce qui devrait nous interpeller ce n’est pas qu’ils soient plus intelligents. C’est qu’ils ont moins peur. Ils n’ont pas 25 ans d’habitudes à défendre, ils n’ont pas bâti toute leur identité pro autour d’une méthode de travail qui marchait peut-être très bien en 2010 et qu’ils refuseraient aujourd’hui d’enterrer parce que ça reviendrait à enterrer leur ego avec. Personnellement ça me pose une question lourde en tant que parent. On continue à pousser nos gamins dans les filières classiques, ou on leur apprend dès maintenant à piloter l’IA comme une seconde langue ? Je n’ai pas la réponse définitive. Je sais juste ce que je ferais avec les miens. Leur apprendre à poser une question claire, à évaluer une réponse, à tester vite et à assembler des trucs qui tiennent debout. Pas à mémoriser des dates. Parce que dans un monde où la connaissance se génère en 0,3 seconde, ce qui fera la différence demain, ce ne sera pas ce qu’ils savent. Ce sera ce qu’ils osent faire avec.

La Rédaction 

Sources: Abbé Eugène H.

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